Canada

Les films, les photos et le carnet de route – 2 mois dans l’ouest canadien en juillet et août 2015

Du 4 au 25 juillet : Canada – Alberta (photos ici)

Nos premiers jours au Canada, c’est pêche au brochet pour les enfants ; et Simon s’est mis à la pêche à la mouche, il est ravi. Tanguy est « le plus heureux du monde » lorsqu’il prend son premier joli brochet au pied des montagnes du Parc National Waterton Lakes !05072015-IMG_8355
Notre rythme de vie au Canada est très tranquille. On prend même le temps de poster les cartes que les enfants ont écrit il y a plusieurs jours, voire plusieurs semaines…

Calgary
Nous passons 3 jours à Calgary, en plein Stampede-Rodéo, un des plus grands évènements annuels au Canada : compétition de rodéo, show de motos/vélos/quad et même motoneige (ils sont fous !!!!), spectacle du magnifique cirque Eloize, des concerts… Super ambiance et super temps – y’a pas qu’en France que c’est la canicule, ici aussi ils ont rarement vu ça. Notre dernier jour à Calgary est consacré à la descente en canoé de Bow River ; tellement de courant qu’on n’a quasiment pas pagayé pendant ces 3h de balade ! Nous sommes étonnés de voir comment les installations des JO de 1988 sont très bien entretenues et utilisées. Eté comme hiver, la ville a su mettre en valeur tous ces investissements, et notamment la piste de bobsleigh qui reste l’une des plus utilisées au monde (18’000 descentes par an!). On en a profité pour regarder et faire découvrir aux enfants le film Rasta Rocket qui a été en partie tourné ici.
Canmore
Les enfants passent une semaine dans un Recreation Centre à Canmore, à l’entrée de Banff. Ils ont adoré retrouver les joies du centre aéré! Et le thème de la semaine, c’était : cooking ! Entre autres recettes typiquement nord-américaines, Justin nous est revenu avec un verre rempli de gelée bleue électrique dans laquelle flottaient 3 bonbons bien colorés (« c’est facile à faire : tu mets de la poudre dans de l’eau et voilà ! » dixit Justin). Dans cette petite ville de 13 000 habitants, il y a des super infrastructures : patinoire et halle de curling bien sûr, salle de gymnastique nickel, murs d’escalade et piscine tous récents dans un bâtiment au design génial. C’est le reflet de ce qu’on a pu voir déjà dans d’autres villes canadiennes plus petites et déjà tellement bien équipées. Par contre, on n’a pas vu dans ces villes de musée démesuré sur le froid, les pôles et tel ou tel explorateur 😉
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Le 16 juillet, Justin a eu 7 ans. Alors au sortir du centre aéré, il a découvert le camping-car décoré de ballons, intérieur et extérieur… pas du tout notr’ genre d’habitude. Un gâteau fait de crêpes-Nutella empilées. Justin a déclaré le soir « je ne pensais pas avoir un anniversaire aussi luxueux ». Et Marguerite nous a commandé le même pour le 29 septembre ! Ce 16 juillet, ça faisait aussi 100 jours que nous avons quitté la France.

Banff
Une fois rentrés dans le parc national Banff, nous retrouvons les joies de la randonnée. C’est une activité que nous avons très peu pratiqué ces 20 dernières années, nous préférions vélo et windsurf ; mais finalement, nous apprécions vraiment marcher ainsi en famille, et on sent que ça nous fait pas d’mal. Les enfants enfilent 15km tranquille, c’est appréciable. Mais lors de la rando « Sunshine village », les trois se sont mis à faire du stop en voyant un pick-up arriver au loin sur la route forestière… le gars s’est arrêté et on a fini les 5 derniers kilomètres dans son coffre. Fallait voir comme les enfants étaient fiers de nous avoir embarqués dans cette carriole !

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Banff, c’est très joli. Mais comme nous l’avions déjà écrit au sujet de notre visite du parc national Grand Teton aux USA, notre œil est bien habitué à ce type de panoramas avec le massif du Mont-Blanc et les Alpes suisses, et nous ne sommes donc pas subjugués. Toutefois des paysages de toute beauté resteront gravés, tels que Lake Mauraine et la magnifique Kootenay River. Simon et les enfants l’ont descendu sur près de 70 km (1 ½ jour de canoé) : une eau couleur bleu cérulé, un courant puissant et des rapides à profusion. Bref, une descente inattendue et variée, tout pour plaire ! En revanche, il m’a fallu faire 100 km de piste très poussiéreuse (à 15 km/h), franchir un pont en bois sans barrière et croiser des grumiers plus que pressés pour suivre mes céistes !

Du 26 juillet au 4 septembre : Canada – British Columbia (photos ici)

La province British Columbia, c’est la côte d’azur du Canada. Nous commençons par quelques jours à Kootenay Lake : parties de pêche toujours. C’est confirmé, Marguerite est très impatiente : après quatre lancés, elle décrète qu’ « ‘Y a pas d’ poissons dans ce lac ».
Le Canada connaît un été caniculaire, comme en France. Nous changeons encore de fuseau horaire (Pacific Time cette fois), ce que nous n’ découvrons pas tout d’ suite d’ailleurs… Il faut dire qu’il n’y a pas de panneau sur le bord de la route pour nous en informer !

La traversée de la région d’Okanagan, entre Kootenay et Vancouver, est réellement un désert, très chaud et des paysages auxquels on ne s’attendait pas du tout au Canada ; des vergers partout. On en a profité pour faire le plein en fruits et légumes gorgés de soleil.
Par hasard nous avons rencontré Pierre Cloutier, un Canadien qui vient de traverser seul tout l’ pays, de Québec à British Columbia, en calèche à la façon des pionniers – parti le 9 novembre 2014. Il parcourt entre 15 et 30 km par jour, avec une journée de repos tous les 4 jours. 30072015-DSC04616Cette rencontre était d’autant plus agréable que nous étions dans un village carrément CowBoy – pas comme à Cody dans le Wyoming aux USA où tout était si surfait. Certaines voitures s’arrêtent à la vue de son attelage et tout le monde discute, puis repart. Pierre nous raconte l’hiver glacial qu’il a vécu. Il prend le temps de nous montrer en détail tout son matériel et d’expliquer aux enfants qu’il a commencé à construire les premières parties de sa calèche quand il avait 12 ans seulement. Il leur donne les trois conseils qu’il a suivi pour réaliser son rêve : 1) il faut beaucoup travailler – work-addicted; 2) il faut croire en soi et surtout ne pas écouter ceux qui pourraient les décourager en disant que leurs rêves sont fous, et 3) break the rules (j’adore plus particulièrement ce troisième conseil ;-)). Pierre précise qu’il faut certes respecter les lois – il entend par break the rules « ne pas faire comme tout l’ monde ».
La ville de Vancouver La ville de Vancouver
Nous ne sommes pas des habitués des grandes villes ; mis à part New York et Washington, nous n’avons fait que « traverser » les grandes agglomérations qui se trouvaient sur notre chemin (en camping-car c’est guère pratique faut dire). Vancouver n’échappera pas à cette règle et c’est donc depuis Kitsilano Beach que nous regarderons les grands immeubles au loin, entre océan pacifique et montagnes enneigées de Whistler… ces montagnes qui nous font évidemment penser aux super moments passés derrière notre écran pendant les J.O. 2010 et les médailles des sportifs du Haut-Jura en particulier 😉
L’île de Vancouver

Nous avons passé un mois sur cette grande île de 32000 km2 où de nombreux Canadiens mais aussi beaucoup d’étrangers viennent en vacances. Nous commençons par découvrir la côte Est de l’île avec des somptueux couchers d’ soleil à Qualicum Beach. Puis nous restons deux semaines à Tofino, un petit port sur le Pacifique très fréquenté par les surfeurs… dur dur d’être camping-cariste là-bas. Mais nous mettons en pratique ce que nous avions appris à Naxos (Grèce) : jouer au chat et à la souris avec les autorités locales (ce que font aussi des surfeurs et des travailleurs saisonniers qui sont nombreux à dormir dans leur voiture).05082015-DSC04903 Les locaux ont compris depuis quelques années que ce petit paradis peut rapporter gros. Conclusion : des hordes de touristes viennent à Tofino faire qui un tour de bateau pour aller voir les baleines, qui une excursion en kayak de mer entre les îles, qui une partie de pêche au saumon ou un tour d’hydravion. Autant d’activités à des prix exorbitants. Comme à notre habitude, nous, nous gonflons notre fidèle canoë Gumotex, nous passons du temps sur les playgrounds, nous flânons, discutons avec les locaux, mangeons de délicieuses moules pêchées par les enfants à marée basse, etc….
Tous les matins les enfants étaient inscrits dans un centre aéré de Tofino : la première semaine c’était sur l’immense plage de Chesterman Beach (www.tofinonaturekids.com), la deuxième c’était un Fishing Camp : pêche au crabe, au saumon, visite du bateau des garde-côtes, etc… Ces immersions dans la vie locale sont vraiment enrichissantes tant pour les enfants qui se font des p’tits copains de vacances que pour nous qui avons du coup facilement des discussions avec les autres parents ; ils nous interrogent sur « Et en France ? ». J’ai dû envoyer par email quelques-uns des menus de la cantine de Prémanon car ils ne me croyaient pas quand je leur décrivais ce que mangent les p’tits français à la cantine ! Pour eux, « cantine scolaire = sandwich ou pizza », été comme hiver. Et les enfants se doivent de grignoter toutes les deux heures ! La règle est valable 365j/365. Donc nous devons prévoir des snacks pour qu’ils grignotent durant la matinée au centre aéré. Nos trois gourmands trouvent l’idée des snacks plutôt sympa, tu m’étonnes 😉 !

Vancouver Island, c’est aussi une végétation luxuriante, des arbres monumentaux, des fougères et autres plantes démesurées…. Nous partons à la journée sur Meares Island en canoë, île réputée pour ses arbres plusieurs fois millénaires. Nous faisons aussi une rando canoë sur deux jours en bivouaquant sur une petite île ; les enfants adorent et réclament ce genre de périple « canoë-tente ». Et bien sûr nous faisons la rando Cathedral Grove, là où a été tourné StarWar VI !
Sur Vancouver Island, nous voyons régulièrement des aigles à tête blanche (Bald Eagle symbole des USA) ; mais encore aucun ours depuis notre arrivée au Canada début juillet.

Nous rencontrons par hasard à Tofino la famille Guichard, partie il y a trois ans pour un tour des Amériques (www.nocybb110.fr). Ils sont sur la fin de leur périple et repartent en France dans quelques jours pour que leurs trois filles Honorine, Cybélia et Colombe fassent leur Rentrée, la première depuis si longtemps ! Ils préparent les valises, avec toute l’émotion que cela implique… Nous partageons ces moments avec eux. Trois soirées et une super journée passées ensemble à Cowichan River. 13082015-DSC05188Une tellement belle rencontre, tant pour les enfants que pour les parents ! Les filles montrent à Tanguy et Marguerite ce qu’elles ont fait avec le CNED : les cours, les exercices, les évaluations. Ça intrigue pas mal Tanguy, ça indiffère royalement Marguerite. Normal quoi ! Et elles leur donnent plein de livres que Cybélia dédicace minutieusement ; livres que nous redonnerons à d’autres voyageurs une fois lus. Comme d’autres voyageurs rencontrés précédemment, Stéphane et Nadine nous disent eux aussi qu’il faut faire l’Amérique Centrale en camping-car… On hésite. On hésite. Puis on décide de rester sur notre plan initial : ne pas traverser la zone Mexique-Colombie.
Pendant ce mois d’août, Simon a essayé de se (re)mettre au footing… l’échéance du Marathon de Las Vegas approche, et les copains de Prémanon ont l’air de s’entrainer plus assidûment. Mais finalement, il repousse à septembre. Juillet-août, c’est les vacances, non ?

La pêche au saumon
L’île de Vancouver, c’est le paradis de la pêche au saumon (saumon sauvage du pacifique bien sûr !). Des pêcheurs américains et de tout l’ Canada viennent ici chaque année faire leur stock de poissons. Parmi tous les ports où nous nous sommes arrêté, c’est Bamfield notre préféré. Parce que le village, en partie sur une île, est véritablement authentique ; on y vit au rythme des marées, sans tralala pour attirer le touriste. 26082015-DSC05408De tout’ façon, il n’y pas vraiment de tourisme ici car pour s’y rendre il faut rouler 5h sur des pistes dignes des routes d’Amérique du Sud ! Le camping-car plein de poussière jusque dans les moindres recoins. Au bout de 7 jours, l’équipage Couvalventure sur son canoë vert était devenu connu de tous les pêcheurs du coin, tous sur leurs bateaux à moteur… Parmi tous les pêcheurs avec qui nous avons papoté, un mérite qu’on s’y attarde un peu plus : il vient chaque année depuis 25 ans ici, avec son chien Dow, devenu l’ami de Justin pendant 3 jours. Nous étions installés dans le même ancien camping abandonné à Bamfield (comme il n’y avait plus de place dans le camping municipal, nous avons cherché et trouvé cet espace génial). Il nous a cuit des crabes dans une grosse marmite. A ma question « mais pourquoi avez-vous une si grosse casserole pour vous tout seul ? » il me répond qu’il y cuit certes les crabes, mais aussi y fait sa vaisselle et lave son linge dedans, confitures, etc…!
A Bamfield, Justin aimait aller à la bibliothèque, située dans l’école. Du coup, nous avons longuement parlé avec la responsable de cette école de 16 élèves (de 3 à 11 ans), en majorité des Native People.

Native People
Comme aux USA, les Canadiens font la part belle, dans les lieux touristiques, aux Native People (les aborigènes, comme les appellent nos cousins les Québecois) : musées, circuit des Totems, etc… J’ai discuté du sujet avec plusieurs personnes durant notre séjour… et le discours est radicalement différent selon à qui on s’adresse : certaines disent que ces populations et leurs traditions ancestrales ont été anéanties en moins de 200 ans par les européens qui ont envahi les lieux et les ont noyés dans l’alcool; d’autres disent que le gouvernement Canadien est bien trop « gentil » de donner autant de moyens financiers à ces populations qui profitent, gaspillent, boivent et se droguent avec l’argent des contribuables. 02092015-DSC05490La vérité est sans doute entre ces deux discours. Toujours est-il que les « zones » réservées aux aborigènes sont en effet bien moins propres qu’ailleurs dans le pays (nous l’avions déjà clairement constaté aux USA à Kayenta en Arizona). Les populations aborigènes ne se mêlent pas tant que ça au quotidien des autres Canadiens : par exemple nous avons été surpris d’assister à Port Alberni à un tournoi sportif réservés aux Native People ; les adolescents Native People sont rarement dans les autres groupes d’ados, même dans le cadre de l’école (il n’y a pas d’école séparée, heureusement !).

Les patinoires
Je ne résiste pas à l’envie de faire un petit paragraphe sur le nombre hallucinant de patinoire au Canada. Sur l’île de Vancouver, tout village de plus de 3000 habitants a sa patinoire… voire deux pour Port Alberni ! Toutes ouvertes toute l’année bien sûr. Et même si elles font la part belle au hockey, quelques créneaux horaires sont réservés au patinage artistique. Et puis évidemment, il y a toujours une halle de curling dans les parages !

Rubrique « le plus plus plus … du monde »
On avait pris l’habitude aux Etats-Unis de voir des slogans du type « le plus trucbidule du monde ». Nous constatons que le Canada aime aussi coller ce genre d’étiquette sur leurs attractions ;-). Pour traverser la région des lacs au sud Est de la province de British Columbia, nous avons utilisé « le plus long ferry gratuit du monde ». Puis nous avons eu droit à la cross de hockey la plus grande du monde ainsi que le totem le plus large du monde (à Duncan – Vancouver Island). Ca nous fait assez marrer ces plus plus plus ! Et la liste devrait continuer à s’allonger puisque nous entrons aux USA maintenant, pour 3 mois à nouveau…